Le syndrome de l'imposteur : Le mythe du « bout de papier
Arrête de te cacher derrière tes certifications.
« Je ne peux pas accepter ce mandat, je n’ai pas la certification requise. » « Je ne devrais pas postuler, je n’ai pas le diplôme spécifique au Québec. »
Combien de fois ai-je entendu ces phrases en coaching ? Pour le profil de l’Expert, la compétence est une ligne d’arrivée qui recule sans cesse. C’est ce besoin viscéral d’accumuler les titres, les badges et les formations avant de s’autoriser à dire : « Je sais de quoi je parle ».
Le paradoxe est frappant. Beaucoup de gens autour de toi viennent spontanément te poser des questions. Ils cherchent ton avis, ton expertise, ta solution. Pour eux, tu es la référence.
Mais pour toi, ce n’est jamais assez.
Tu souris, tu aides, mais à l’intérieur, tu ne te sens pas légitime. Tu te dis qu’ils vont finir par réaliser que tu n’as pas le sceau officiel.
Regardons les choses en face. Dans mon domaine, les gens certifiés, voire multi-certifiés, ce n’est pas ce qui manque. Mais sont-ils pour autant des références dans leur métier ? Savent-ils exactement ce que tel terme technique veut réellement dire en vrai, sur le terrain, quand ça brasse ?
Pourquoi toi, qui connais ton sujet sur le bout des doigts mais qui n’as pas le fameux certificat, serais-tu moins à ton affaire ? Si tu as lu le premier épisode sur le [piège des 120 % de certitude], tu sais déjà que cette attente de perfection n’est qu’un acte d’auto-sabotage qui t’empêche d’avancer.
Mon Backstage à moi : je suis d’origine étrangère. Je vis au Québec depuis des années, et je te l’avoue franchement : je ne comprends toujours pas parfaitement le système éducatif d’ici. Pire encore pour certains, je n’ai jamais fait mes équivalences de diplômes.
Pourtant, je suis là. Avec une réussite professionnelle dont je suis fière.
Qu’est-ce qui manque à ceux qui attendent le prochain certificat pour oser ? Ce n’est pas le savoir. C’est la reconnaissance de leur propre savoir-faire. C’est refuser de se cacher derrière la théorie pour enfin assumer son leadership, plutôt que de s’effacer comme le fait un [Manager Fantôme].
Attention, je ne remets pas en question l’importance de l’éducation. Les diplômes ont leur place. Mais un diplôme est une promesse de compétence. L’action, elle, en est la preuve irréfutable.
On passe trop de temps à polir le cadre de notre futur diplôme et pas assez à mettre en valeur ce qu’on a déjà mis en mouvement en coulisses.
La vraie question n’est pas « Quel diplôme me manque-t-il ? », mais plutôt : « Qu’est-ce que j’ai déjà accompli et que je n’ose pas encore nommer ? »
Et toi, combien de « bouts de papier » attends-tu encore avant de te lancer ?


